Markowsky-Werbrouck : MPC enfin avouée ou l’oubli stratégique au RN
Le député RN Pascal Markowsky reconnaît tardivement détenir une entreprise utilisée pour ses campagnes. Son épouse, l’eurodéputée Séverine Werbrouck, multiplie elle aussi les omissions déclaratives. Un dossier qui illustre, à l’échelle d’Oléron, la crise de confiance qui mine le rapport des citoyens à leurs élus.
Saint-Pierre-d’Oléron. Pascal Markowsky aura mis onze mois pour déclarer ce qu’il possédait depuis vingt-neuf ans. Le député RN de Charente-Maritime vient d’admettre à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qu’il détient la majorité des parts de MPC, une société d’impression installée sur l’île d’Oléron, qui a servi de prestataire à ses propres campagnes législatives.
Pendant sa campagne de 2024, Markowsky a utilisé MPC pour imprimer tracts et affiches, facturant 136 000 euros de prestations remboursées sur fonds publics. Une fois élu, il a continué à passer commande à cette même entreprise, tout en assurant au déontologue de l’Assemblée nationale qu’il n’y travaillait pas et que sa femme en était l’associée majoritaire. Ces affirmations étaient fausses. Les registres comptables montrent que Markowsky détenait bien 501 parts sur 1 000. Ces faits, révélés par des enquêtes de presse, l’ont conduit à modifier sa déclaration, sous contrainte.
L’affaire n’est pas isolée.
Son épouse, Séverine Werbrouck, eurodéputée RN, cumule cinq déclarations modificatives à la HATVP, un record parmi les élus français au Parlement européen, conséquence d’omissions répétées. Tous deux invoquent l’erreur, l’oubli, la complexité administrative. Pourtant, ces oublis systématiques concernent des informations majeures : des parts d’entreprises, des fonctions, des intérêts financiers.

Les Nuits arméniennes sur l’île d’Oléron : une semaine de culture pour éclairer un siècle de fractures caucasiennes
Du 24 au 29 novembre, l’île d’Oléron accueille Les Nuits arméniennes, un festival intercommunal qui traverse les salles, les places et les cuisines de l’île. Mais derrière les instruments, les voix et la chaleur des buffets, une histoire plus profonde affleure : celle du premier génocide du XXᵉ siècle, celui de 1915, toujours nié par la Turquie ; celle du Haut-Karabakh, vidé de ses habitants arméniens en 2023 ; celle d’un peuple qui, depuis plus d’un siècle, se trouve aux avant-postes des fractures impériales du Proche-Orient et du Caucase.
À Oléron, ces nuits sont une invitation à comprendre – et à ne pas laisser les oubliés du monde disparaître une seconde fois.

Oléron : deux arrêtés préfectoraux en 24h — quand Moscou impose son tempo
Hier, L’Obs Ø révélait l’existence du premier arrêté préfectoral limitant l’interdiction de manifester à 10h–12h. Aujourd’hui, nous publions une information nouvelle : un second arrêté, signé seulement vingt-quatre heures plus tard, élargit brusquement ce même dispositif jusqu’à 17h. Une incohérence administrative qui en dit long sur la stratégie russe — et sur la position inconfortable dans laquelle la préfecture s’est retrouvée.

Manifestation pro-Ukraine tenue à distance : quand une initiative locale ouvre un boulevard à Moscou
La préfecture assure que la manifestation pro-Ukraine n’a pas été interdite : elle a simplement été déplacée hors d’un périmètre restreint autour du cimetière. Le maire confirme avoir autorisé la mobilisation et refusé de fermer le site. Pourtant, ce 24 novembre, un simple déplacement diplomatique, né d’une initiative individuelle, a suffi à mettre en tension l’État, les élus et une partie de la population. Une scène locale qui, par contraste, pourrait parfaitement servir la narration russe.
Le RN face à ses contradictions.
Le Rassemblement national se présente comme le parti du “bon sens” et de la “proximité avec le peuple”. Ses élus dénoncent régulièrement les “élites hors-sol” et la “corruption du système”. Mais dans les faits, le couple Markowsky-Werbrouck incarne ces pratiques qu’ils prétendent combattre : l’utilisation des fonds publics au profit d’entreprises personnelles, les omissions déclaratives, l’éloignement de la transparence qui fonde la confiance démocratique.
À l’échelle locale, l’affaire résonne particulièrement : MPC, placée en liquidation judiciaire en mai, a laissé cinq salariés sans emploi. Elle aura pourtant servi d’outil de campagne et de relais financier à un député qui, aujourd’hui, s’abrite derrière des rectifications administratives pour éviter d’avoir à rendre des comptes publiquement.
Une crise de confiance qui dépasse Oléron.
Cette affaire survient dans un contexte où la défiance envers le politique atteint des niveaux records en France. Les scandales d’enrichissement personnel, d’omissions et de conflits d’intérêts minent la parole publique. Ils alimentent la colère et la résignation. Le cas Markowsky-Werbrouck rappelle que cette crise n’est pas abstraite : elle se joue aussi dans les communes, dans les circonscriptions, dans les îles où les élus disent défendre l’intérêt général tout en oubliant de dire ce qui les lie à leurs propres intérêts.
La transparence n’est pas une option, ni un slogan.
Elle est une obligation légale et morale. Et c’est précisément lorsque ceux qui prétendent incarner la rupture avec le “système” s’en affranchissent que la défiance se creuse davantage. Le couple Markowsky-Werbrouck pourra corriger ses formulaires. Reste à savoir si cela suffit à réparer la confiance qu’ils ont contribué à abîmer.
