« Archéorama » à La Rochelle : une plongée dans 25 ans d’archéologie… Et si l’île d’Oléron racontait aussi ses trésors enfouis ?
Le Département de la Charente-Maritime inaugure « Archéorama », une exposition immersive consacrée à un quart de siècle de découvertes archéologiques. Si l’événement se déroule à La Rochelle et Jonzac, il résonne aussi sur l’île d’Oléron, où les vestiges préhistoriques et antiques dessinent, en silence, une mémoire enfouie souvent méconnue.
Quand le présent trébuche sur les vestiges du passé, l’archéologie surgit comme un rappel. Un rappel d’humilité, de transmission, de territoire.
Depuis le 11 juillet 2025, la Maison de la Charente-Maritime, à La Rochelle, accueille l’exposition « Archéorama », une rétrospective des 25 ans d’actions menées par le Service d’Archéologie Départementale (SDA 17). L’événement durera jusqu’au 23 septembre, avant de voyager à Jonzac à partir du 8 septembre.
« Archéorama » propose un parcours accessible à tous, avec frise chronologique, reconstitutions en Playmobil® et focus sur les grandes fouilles du département : Barzan, Saintes, Brouage, La Roche à Pierrot… Un inventaire du temps qui passe, et des sols que l’on retourne.
Et Oléron dans tout ça ?
L’île, pourtant riche de strates archéologiques, n’est pas citée parmi les « sites phares » de l’exposition. Mais l’histoire n’en est pas moins enfouie sous nos pieds oléronais. Le Dolmen d’Ors, sur la commune du Château-d’Oléron, en est un témoignage fragile et puissant. Daté du Néolithique (autour de 4500 avant notre ère), il borde l’estran et rappelle qu’avant les carrelets, avant les cabanes ostréicoles, des communautés humaines ont bâti là leur quotidien de pierres et d’argile.
À Saint-Denis-d’Oléron, les fouilles ont révélé des habitats préhistoriques, des outils lithiques et des amas coquilliers témoignant d’une occupation dès la Préhistoire récente. Ces traces discrètes, parfois exposées au Musée de l’île d’Oléron, racontent une île habitée bien avant les remparts de Vauban.
Des villas gallo-romaines et des ports antiques
À Ors (Le Château-d’Oléron), les archéologues ont retrouvé les traces d’une implantation gallo-romaine : monnaies impériales, bassins de pressurage, céramiques. Un village-port antique aurait existé là, sur ce rivage aujourd’hui mangé par les marais. Si ces vestiges ne sont pas encore mis en valeur comme à Barzan, ils esquissent une histoire commerciale, viticole peut-être, entre les côtes charentaises et les voies maritimes de l’Atlantique antique.

Les Nuits arméniennes sur l’île d’Oléron : une semaine de culture pour éclairer un siècle de fractures caucasiennes
Du 24 au 29 novembre, l’île d’Oléron accueille Les Nuits arméniennes, un festival intercommunal qui traverse les salles, les places et les cuisines de l’île. Mais derrière les instruments, les voix et la chaleur des buffets, une histoire plus profonde affleure : celle du premier génocide du XXᵉ siècle, celui de 1915, toujours nié par la Turquie ; celle du Haut-Karabakh, vidé de ses habitants arméniens en 2023 ; celle d’un peuple qui, depuis plus d’un siècle, se trouve aux avant-postes des fractures impériales du Proche-Orient et du Caucase.
À Oléron, ces nuits sont une invitation à comprendre – et à ne pas laisser les oubliés du monde disparaître une seconde fois.

Oléron : deux arrêtés préfectoraux en 24h — quand Moscou impose son tempo
Hier, L’Obs Ø révélait l’existence du premier arrêté préfectoral limitant l’interdiction de manifester à 10h–12h. Aujourd’hui, nous publions une information nouvelle : un second arrêté, signé seulement vingt-quatre heures plus tard, élargit brusquement ce même dispositif jusqu’à 17h. Une incohérence administrative qui en dit long sur la stratégie russe — et sur la position inconfortable dans laquelle la préfecture s’est retrouvée.

Manifestation pro-Ukraine tenue à distance : quand une initiative locale ouvre un boulevard à Moscou
La préfecture assure que la manifestation pro-Ukraine n’a pas été interdite : elle a simplement été déplacée hors d’un périmètre restreint autour du cimetière. Le maire confirme avoir autorisé la mobilisation et refusé de fermer le site. Pourtant, ce 24 novembre, un simple déplacement diplomatique, né d’une initiative individuelle, a suffi à mettre en tension l’État, les élus et une partie de la population. Une scène locale qui, par contraste, pourrait parfaitement servir la narration russe.
Pourquoi cette mémoire reste-t-elle si peu visible ?
« Archéorama » rappelle la mission du Service d’Archéologie Départementale : intervenir en prévention, avant les travaux, pour sauver ce qui peut l’être. L’île d’Oléron, avec ses zones urbanisées en bord de mer, son érosion galopante, ses chantiers touristiques, est un territoire sensible. Chaque projet peut révéler des morceaux d’histoire, ou les effacer. Le SDA 17 a ainsi multiplié les diagnostics, mais ces fouilles préventives restent souvent discrètes, loin des regards.
Où voir les trésors d’Oléron aujourd’hui ?
Pour celles et ceux qui souhaitent prolonger l’expérience « Archéorama » sur l’île, plusieurs lieux incarnent cette mémoire :
- Le Dolmen d’Ors (Le Château-d’Oléron) : librement accessible à marée basse, un témoin préhistorique fragile face aux éléments.
- Le site de la Perroche (Dolus-d’Oléron) : territoire néolithique aujourd’hui recouvert, mais toujours inscrit dans la cartographie archéologique.
- Le Musée de l’île d’Oléron (Saint-Pierre-d’Oléron) : il conserve et expose des pièces issues des fouilles locales, du Néolithique à l’époque moderne.
- Les vestiges gallo-romains d’Ors : invisibles pour l’instant, mais documentés par les services départementaux.
Un enjeu pour les générations futures
L’archéologie n’est pas seulement un regard vers hier. C’est une manière d’interroger le présent : comment préserver ces traces quand les pressions immobilières et touristiques transforment le territoire ? L’île d’Oléron, île d’accueil et de passage, doit composer avec sa mémoire enfouie.
« Archéorama » propose une immersion dans l’archéologie de la Charente-Maritime. L’Observateur Oléronais vous invite, lui, à regarder sous vos pieds : l’île regorge de trésors. Encore faut-il savoir les voir.
Informations pratiques :
Exposition « Archéorama »
Dates : Du 11 juillet au 23 septembre 2025 à La Rochelle (Maison de la Charente-Maritime), puis du 8 septembre au 17 octobre à Jonzac (Espace Jean Glénisson).
Accès : Gratuit.
Organisateur : Département de la Charente-Maritime, Service d’Archéologie Départementale.
