Oléron : deux noyades en juillet, le piège invisible des baïnes
Deux morts en une semaine. Deux drames évitables. Et une même question qui revient, lancinante, chaque été sur les plages de l’île d’Oléron : pourquoi continue-t-on à sous-estimer le danger des baïnes ?
Le 15 juillet dernier, un homme de 71 ans s’est noyé sur la plage de La Ménounière, à Saint-Pierre-d’Oléron. Deux jours plus tard, le 17 juillet, une femme de 89 ans trouvait la mort à La Brée-les-Bains, emportée par un courant. Ces deux accidents portent à deux le nombre de noyades mortelles recensées sur Oléron depuis le début de l’été 2025.
Dans les deux cas, les victimes se baignaient dans des zones non surveillées. Là où l’eau paraît calme, mais où le danger se cache sous la surface.
La baïne, piège discret de la côte oléronaise
Le mot est familier aux sauveteurs, moins aux touristes. La baïne, c’est cette cuvette naturelle creusée par les vagues entre la plage et un banc de sable parallèle au rivage. À marée montante, la mer remplit la cuvette. À marée descendante, l’eau ressort en formant un courant d’arrachement, invisible mais puissant, qui tire vers le large.
Le problème, c’est que ce courant peut atteindre 1 à 1,5 mètre par seconde. Impossible à contrer pour un nageur moyen. Ceux qui tentent de revenir vers la plage s’épuisent, paniquent… et coulent.
Chaque année, des dizaines de noyades sont provoquées par ces courants sur la façade atlantique. L’île d’Oléron n’y échappe pas.
Quelles sont les plages les plus exposées ?
Les plages du sud et de l’ouest d’Oléron sont les plus concernées : là où l’Atlantique entre directement en contact avec le sable. La Préfecture maritime le rappelle à chaque alerte : certaines plages sont réputées pour leurs baïnes.
Sur Oléron, les zones les plus exposées sont :
- La Giraudière, au Grand-Village-Plage, surveillée l’été (poste de secours actif du 5 juillet au 24 août).
- La Grande Plage, à Saint-Trojan-les-Bains, également surveillée.
- Vert-Bois (Saint-Georges-d’Oléron), non surveillée, mais très prisée des baigneurs et des surfeurs.
- La Ménounière (Saint-Pierre-d’Oléron), non surveillée.
- La Brée (La Brée-les-Bains), non surveillée.
En clair : le risque est présent partout, mais il devient mortel quand on se baigne seul ou en dehors des zones surveillées.

Les Nuits arméniennes sur l’île d’Oléron : une semaine de culture pour éclairer un siècle de fractures caucasiennes
Du 24 au 29 novembre, l’île d’Oléron accueille Les Nuits arméniennes, un festival intercommunal qui traverse les salles, les places et les cuisines de l’île. Mais derrière les instruments, les voix et la chaleur des buffets, une histoire plus profonde affleure : celle du premier génocide du XXᵉ siècle, celui de 1915, toujours nié par la Turquie ; celle du Haut-Karabakh, vidé de ses habitants arméniens en 2023 ; celle d’un peuple qui, depuis plus d’un siècle, se trouve aux avant-postes des fractures impériales du Proche-Orient et du Caucase.
À Oléron, ces nuits sont une invitation à comprendre – et à ne pas laisser les oubliés du monde disparaître une seconde fois.

Oléron : deux arrêtés préfectoraux en 24h — quand Moscou impose son tempo
Hier, L’Obs Ø révélait l’existence du premier arrêté préfectoral limitant l’interdiction de manifester à 10h–12h. Aujourd’hui, nous publions une information nouvelle : un second arrêté, signé seulement vingt-quatre heures plus tard, élargit brusquement ce même dispositif jusqu’à 17h. Une incohérence administrative qui en dit long sur la stratégie russe — et sur la position inconfortable dans laquelle la préfecture s’est retrouvée.

Manifestation pro-Ukraine tenue à distance : quand une initiative locale ouvre un boulevard à Moscou
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Pourquoi les baïnes sont-elles si dangereuses ?
Parce qu’elles ne se voient pas. L’eau semble calme, lisse, accueillante. Mais sous la surface, le courant travaille. Il aspire doucement, puis accélère. Un pas de trop, et vous êtes pris.
Le phénomène est accentué par les grandes marées, la houle d’ouest et l’érosion des plages. Sur Oléron, où le sable recule d’année en année, les baïnes se déplacent, se reforment, se creusent.
Comment réagir si vous êtes pris dans une baïne ?
Le réflexe est contre-intuitif : ne surtout pas nager vers la plage. Il faut se laisser porter par le courant, garder son calme, puis sortir latéralement, parallèlement au rivage, dès que le courant s’affaiblit.
Les sauveteurs le répètent : nager contre le courant, c’est s’épuiser et risquer la noyade.
Que fait-on localement ?
La Communauté de communes de l’île d’Oléron finance chaque été des équipes de sauveteurs pour surveiller 17 zones de baignade, du 5 juillet au 24 août, entre 11h et 19h. Des postes de secours sont actifs à la Giraudière, à la Grande Plage de Saint-Trojan, à Saint-Denis et sur d’autres sites fréquentés.
Mais hors de ces créneaux, le risque est réel. Certaines plages ne sont jamais surveillées, faute de moyens ou de fréquentation suffisante. Et c’est souvent là que se produisent les drames.
Un devoir de mémoire, un devoir de prudence
Les deux noyades de ce mois de juillet rappellent une évidence : l’Atlantique n’est pas une piscine. Il faut connaître ses pièges pour mieux les éviter.
Oléron n’est pas Barcelone, ni Venise. Mais sur ses plages, comme ailleurs, le sur-tourisme et la méconnaissance des risques peuvent transformer un été joyeux en tragédie.
Se baigner, oui. Mais en connaissant les règles du jeu.
