Vignobles & Découvertes : l’île d’Oléron confirme sa place dans le paysage œnotouristique français

Vignobles & Découvertes : l’île d’Oléron confirme sa place dans le paysage œnotouristique français

Seule île française labellisée Vignobles & Découvertes, l’île d’Oléron vient de voir son label renouvelé pour trois ans par Atout France. Derrière cette distinction, une filière viticole discrète mais bien vivante, enracinée dans plus d’un millénaire d’histoire et porteuse d’un modèle d’économie locale durable et collective.

L’annonce est tombée début août, dans un communiqué de l’Office de tourisme de l’île d’Oléron : le label national Vignobles & Découvertes a été officiellement reconduit pour une durée de trois ans. Décerné par Atout France, l’agence de développement touristique de l’État, ce label vise à reconnaître les territoires qui proposent une offre œnotouristique de qualité, structurée, et respectueuse de leur identité locale.

Pour l’île d’Oléron, il ne s’agit pas d’une simple reconnaissance symbolique. Depuis 2014, cette distinction fédère une trentaine d’acteurs — vignerons, restaurateurs, hébergeurs, sites patrimoniaux, structures culturelles et associations — autour d’un objectif commun : faire du vin un vecteur d’hospitalité, de transmission et de développement durable.


🔓 Cette lecture est en accès libre

Parce que l’information doit rester un bien commun, cet article est ouvert à toutes et tous. Mais pour que L’Obs Ø continue de creuser, questionner et raconter cette île dans toute sa complexité, soutenez notre travail : abonnez-vous pour accéder à l’ensemble de nos contenus.

Une économie enracinée dans les sables et le sel

La viticulture oléronaise n’a rien d’anecdotique. Avec près de 800 à 916 hectares de vignes exploitées, réparties entre la cave coopérative et une quinzaine de domaines indépendants, elle constitue l’une des rares activités agricoles permanentes de l’île. Loin des monocultures intensives, elle s’intègre dans un paysage agricole fragmenté, façonné par l’histoire, les marais, les dunes, et les migrations humaines.

L’histoire viticole insulaire remonte à l’Antiquité, mais c’est au Moyen Âge que les vins d’Oléron trouvent leurs lettres de noblesse, exportés jusqu’en Angleterre. Après l’essor du cognac et les ravages du phylloxéra au XIXe siècle, la filière connaît une renaissance dans les années 1990, avec la reconnaissance en IGP “Vin de pays Charentais – Île d’Oléron” et la diversification vers des pineaux et des liqueurs d’identité locale.

Aujourd’hui, la production annuelle avoisine les 700 000 bouteilles, réparties entre vins blancs, rosés, rouges, pineaux, cognacs et cuvées originales (vodkas de raisin, pétillants champanisés, liqueurs parfumées…). Les prix restent accessibles — autour de 6 à 10 € la bouteille de vin, jusqu’à 15–20 € pour des pineaux vieillis —, ancrés dans un modèle local de valeur ajoutée directe, sans intermédiaire.

Un terroir unique, entre océan et haies vives

Si le vignoble oléronais est si singulier, c’est aussi grâce à son climat. Plus de 2 200 heures d’ensoleillement par an, des sols sablo-limoneux, une ventilation constante et une influence marine forte : tout concourt à produire des vins légers, iodés, à l’aromatique fraîche, souvent prisés pour leur digestibilité et leur originalité. Les cépages utilisés sont classiques (Merlot, Cabernet Franc, Ugni blanc, Colombard, Sauvignon, Sémillon), mais certains domaines expérimentent de nouveaux itinéraires bio, biodynamiques ou en agroforesterie.

Le Domaine Paradisiø (Dolus et Le Château), le Vignoble Mage, ou encore Favre & Fils, explorent aujourd’hui des approches agricoles basées sur la biodiversité, les couverts végétaux et la préservation de la vie des sols. D’autres, comme les Vignerons d’Oléron ou Maxime Pinard, investissent dans l’accueil, la dégustation ou les produits dérivés pour créer des boucles locales de consommation et de transmission.


Les Nuits arméniennes sur l’île d’Oléron : une semaine de culture pour éclairer un siècle de fractures caucasiennes

Du 24 au 29 novembre, l’île d’Oléron accueille Les Nuits arméniennes, un festival intercommunal qui traverse les salles, les places et les cuisines de l’île. Mais derrière les instruments, les voix et la chaleur des buffets, une histoire plus profonde affleure : celle du premier génocide du XXᵉ siècle, celui de 1915, toujours nié par la Turquie ; celle du Haut-Karabakh, vidé de ses habitants arméniens en 2023 ; celle d’un peuple qui, depuis plus d’un siècle, se trouve aux avant-postes des fractures impériales du Proche-Orient et du Caucase.
À Oléron, ces nuits sont une invitation à comprendre – et à ne pas laisser les oubliés du monde disparaître une seconde fois.

Lire la suite »

Oléron : deux arrêtés préfectoraux en 24h — quand Moscou impose son tempo

Hier, L’Obs Ø révélait l’existence du premier arrêté préfectoral limitant l’interdiction de manifester à 10h–12h. Aujourd’hui, nous publions une information nouvelle : un second arrêté, signé seulement vingt-quatre heures plus tard, élargit brusquement ce même dispositif jusqu’à 17h. Une incohérence administrative qui en dit long sur la stratégie russe — et sur la position inconfortable dans laquelle la préfecture s’est retrouvée.

Lire la suite »

Manifestation pro-Ukraine tenue à distance : quand une initiative locale ouvre un boulevard à Moscou

La préfecture assure que la manifestation pro-Ukraine n’a pas été interdite : elle a simplement été déplacée hors d’un périmètre restreint autour du cimetière. Le maire confirme avoir autorisé la mobilisation et refusé de fermer le site. Pourtant, ce 24 novembre, un simple déplacement diplomatique, né d’une initiative individuelle, a suffi à mettre en tension l’État, les élus et une partie de la population. Une scène locale qui, par contraste, pourrait parfaitement servir la narration russe.

Lire la suite »

L’œnotourisme comme projet de territoire

Le renouvellement du label Vignobles & Découvertes est aussi l’aboutissement d’une politique publique locale. Portée par la Communauté de communes de l’île d’Oléron, la stratégie s’inscrit dans le plan “Oléron 2035”, qui vise à concilier activité économique et résilience écologique. Le vin n’est pas ici une fin en soi, mais un fil conducteur entre paysages, savoir-faire, culture, hébergement et mobilité douce.

La brochure 2025 recense plus de 30 acteurs engagés : restaurants labellisés “Assiette Saveurs”, chambres d’hôtes en lien direct avec les vignerons, activités culturelles (train touristique, chasse au trésor, visite du musée de l’île, apéros en barque ou dégustations patrimoniales), sans oublier les sites historiques comme Chassiron ou Fort Royer. Tous contribuent à créer un tourisme sensoriel, à l’opposé des flux de masse.

Un avenir à cultiver ensemble

Dans un territoire où l’agriculture viticole est parfois reléguée derrière l’image balnéaire, le maintien et la structuration de cette filière sont un enjeu majeur. Il s’agit de conserver un tissu productif à taille humaine, de soutenir l’installation de jeunes vignerons, et de garantir une diversité paysagère qui soit aussi une richesse pour les habitants à l’année.

Avec ce renouvellement de label, Oléron confirme qu’il est possible de conjuguer insularité, authenticité et excellence, à condition de faire du vin non pas une marchandise, mais un récit collectif, buvable, partageable, et profondément enraciné.

Plats à base d'huîtres, de fruits et de vin - vers 1620/1624 - Osias Beert l'Ancien

La newsletter c'est ici !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Laisser un commentaire

Back To Top

En savoir plus sur L'Observateur Øléronais

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture