Un appel à saunier au Château-d’Oléron : la CdC relance la mémoire du sel

Un appel à saunier au Château-d’Oléron : la CdC relance la mémoire du sel

La Communauté de communes de l’île d’Oléron cherche un porteur de projet pour expérimenter la saliculture sur un marais réhabilité au Château-d’Oléron. Un espace-test confié à l’association Champs du Partage, symbole d’une volonté de renouer avec un savoir-faire qui fit autrefois la richesse de l’île.

Il fut un temps où Oléron comptait plus de 85 000 bassins de cristallisation. Le sel, « or blanc » des côtes atlantiques, façonnait alors paysages, rythmes de vie et échanges commerciaux. Mais au XIXᵉ siècle, le déclin s’installe : le sel de mine, la concurrence étrangère et l’essor de l’ostréiculture relèguent la saliculture à quelques gestes isolés. Au fil du XXᵉ siècle, les marais salants se comblent, se transforment en claires ostréicoles ou retournent à la friche.

C’est à cette mémoire presque effacée que s’adresse aujourd’hui l’appel lancé par la Communauté de communes de l’île d’Oléron : trouver un saunier, ou un candidat prêt à le devenir, pour exploiter un marais communal de 2,19 hectares au Château-d’Oléron. Le site, en cours de réhabilitation, pourrait accueillir jusqu’à vingt aires saunantes. La candidature, à déposer avant le 30 septembre 2025, ouvre droit à un accompagnement en conditions réelles grâce à un contrat d’appui à la création d’entreprise (CAPE).

Les Nuits arméniennes sur l’île d’Oléron : une semaine de culture pour éclairer un siècle de fractures caucasiennes

Du 24 au 29 novembre, l’île d’Oléron accueille Les Nuits arméniennes, un festival intercommunal qui traverse les salles, les places et les cuisines de l’île. Mais derrière les instruments, les voix et la chaleur des buffets, une histoire plus profonde affleure : celle du premier génocide du XXᵉ siècle, celui de 1915, toujours nié par la Turquie ; celle du Haut-Karabakh, vidé de ses habitants arméniens en 2023 ; celle d’un peuple qui, depuis plus d’un siècle, se trouve aux avant-postes des fractures impériales du Proche-Orient et du Caucase.
À Oléron, ces nuits sont une invitation à comprendre – et à ne pas laisser les oubliés du monde disparaître une seconde fois.

Lire la suite »

Oléron : deux arrêtés préfectoraux en 24h — quand Moscou impose son tempo

Hier, L’Obs Ø révélait l’existence du premier arrêté préfectoral limitant l’interdiction de manifester à 10h–12h. Aujourd’hui, nous publions une information nouvelle : un second arrêté, signé seulement vingt-quatre heures plus tard, élargit brusquement ce même dispositif jusqu’à 17h. Une incohérence administrative qui en dit long sur la stratégie russe — et sur la position inconfortable dans laquelle la préfecture s’est retrouvée.

Lire la suite »

Manifestation pro-Ukraine tenue à distance : quand une initiative locale ouvre un boulevard à Moscou

La préfecture assure que la manifestation pro-Ukraine n’a pas été interdite : elle a simplement été déplacée hors d’un périmètre restreint autour du cimetière. Le maire confirme avoir autorisé la mobilisation et refusé de fermer le site. Pourtant, ce 24 novembre, un simple déplacement diplomatique, né d’une initiative individuelle, a suffi à mettre en tension l’État, les élus et une partie de la population. Une scène locale qui, par contraste, pourrait parfaitement servir la narration russe.

Lire la suite »

Un espace-test sous l’égide de Champs du Partage

Ce projet sera encadré par Champs du Partage, une coopérative d’intérêt collectif fondée en 2014 et spécialisée dans l’installation agricole progressive. Sur Oléron, elle a déjà mené, à Dolus-d’Oléron, l’expérimentation d’un maraîchage biologique à La Cailletière. Son rôle : mettre à disposition les terres, fournir l’accompagnement technique et administratif, sécuriser les débuts pour permettre aux candidats de mesurer la viabilité de leur activité.
À l’échelle régionale, Champs du Partage gère plusieurs espaces-tests agricoles — maraîchers, apicoles, salicoles — et fédère collectivités, citoyens, acteurs de l’économie sociale et solidaire et organismes agricoles. Sur Oléron, sa mission s’inscrit dans un tissu local où la question de l’installation agricole se heurte à la pression foncière et à la rareté des terrains disponibles.

Une renaissance après des décennies d’oubli

La relance de la saliculture sur l’île n’est pas nouvelle : le Port des Salines, inauguré en 1994 à Grand-Village-Plage, avait amorcé un premier mouvement de reconquête patrimoniale. Réhabilitant marais et gestes ancestraux, il est devenu un écomusée vivant, proposant visites et récoltes, et permettant à quelques sauniers de reprendre la production. Mais la profession reste rare : une poignée d’artisans, souvent en activité saisonnière, exploitent aujourd’hui des salines à échelle réduite.

Ce nouvel appel à projet vise à aller plus loin : recréer non pas seulement un site vitrine, mais un outil de production, ancré dans la vie économique locale et dans un cycle agricole complet.

Cabanes de pêcheurs de sel - 1880 - Charles A. Platt

Enjeux et perspectives

La saliculture artisanale ne saurait rivaliser avec les volumes de production des salines industrielles, mais elle porte d’autres promesses :

  • Patrimoniales, en préservant des paysages et des savoir-faire menacés.
  • Environnementales, en maintenant des zones humides riches en biodiversité.
  • Économiques, en diversifiant l’offre locale, notamment touristique et gastronomique.

Pour la CdC, c’est aussi un geste politique : affirmer qu’Oléron peut, dans le même temps, protéger son identité et expérimenter de nouvelles formes d’installation agricole. Pour les candidats, c’est l’occasion rare d’entrer dans un métier chargé d’histoire, sur un territoire où le sel, jadis source de richesse, pourrait redevenir un lien entre mémoire et avenir.

🔓 Cette lecture est en accès libre

Parce que l’information doit rester un bien commun, cet article est ouvert à toutes et tous. Mais pour que L’Obs Ø continue de creuser, questionner et raconter cette île dans toute sa complexité, soutenez notre travail : abonnez-vous pour accéder à l’ensemble de nos contenus.

La newsletter c'est ici !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Laisser un commentaire

Back To Top

En savoir plus sur L'Observateur Øléronais

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture