L’oignon de Saint-Turjan au cœur des Journées agricoles de l’île d’Oléron
Les 5, 6 et 7 septembre 2025, l’île d’Oléron vivra au rythme de ses champs et de ses fermes. En point d’orgue, la Fête de l’Oignon de Saint-Turjan viendra clôturer trois jours de rencontres dédiées à l’agriculture locale, avec en toile de fond la question des appellations et de la reconnaissance des savoir-faire.
Île d’Oléron — septembre 2025.
La Communauté de communes organise du 5 au 7 septembre la 15ᵉ édition des Journées agricoles. Trois jours pour franchir les portes des fermes, écouter, goûter, comprendre. Trois jours pour replacer l’agriculture au centre d’un territoire trop souvent résumé à ses plages et à son tourisme.
Le programme du week-end
- Vendredi 5 septembre – 20h, cinéma Eldorado (Saint-Pierre-d’Oléron)
Une conférence gesticulée de l’agronome Mathieu Dalmais ouvrira l’événement. Entre humour et réflexions de fond, l’intervenant abordera nos manières de produire et de consommer, et la nécessité de repenser nos modèles agricoles et alimentaires. - Samedi 6 septembre – toute la journée
Le public sera invité à découvrir les fermes de l’île en visite libre. Maraîchers, éleveurs, vignerons, producteurs de sel, champignonnistes et artisans ouvriront leurs portes. L’occasion d’échanger directement avec les agriculteurs, de comprendre leurs pratiques et de goûter à leurs produits. Ces visites s’annoncent comme un moment privilégié pour approcher la diversité agricole oléronaise, souvent éclipsée par l’image balnéaire de l’île. - Dimanche 7 septembre – 10h à 18h, salle du Galion (Saint-Trojan-les-Bains)
La Fête de l’Oignon de Saint-Turjan viendra clôturer les Journées agricoles. Autour de ce légume ancien à la peau rosée et à la chair douce, retrouvé et remis en culture par une association locale depuis 2009, se tiendra un marché gourmand avec dégustations, musique, animations culinaires et pique-nique convivial. La journée s’annonce comme un temps fort, fédérant producteurs, habitants et visiteurs.

Les Nuits arméniennes sur l’île d’Oléron : une semaine de culture pour éclairer un siècle de fractures caucasiennes
Du 24 au 29 novembre, l’île d’Oléron accueille Les Nuits arméniennes, un festival intercommunal qui traverse les salles, les places et les cuisines de l’île. Mais derrière les instruments, les voix et la chaleur des buffets, une histoire plus profonde affleure : celle du premier génocide du XXᵉ siècle, celui de 1915, toujours nié par la Turquie ; celle du Haut-Karabakh, vidé de ses habitants arméniens en 2023 ; celle d’un peuple qui, depuis plus d’un siècle, se trouve aux avant-postes des fractures impériales du Proche-Orient et du Caucase.
À Oléron, ces nuits sont une invitation à comprendre – et à ne pas laisser les oubliés du monde disparaître une seconde fois.

Oléron : deux arrêtés préfectoraux en 24h — quand Moscou impose son tempo
Hier, L’Obs Ø révélait l’existence du premier arrêté préfectoral limitant l’interdiction de manifester à 10h–12h. Aujourd’hui, nous publions une information nouvelle : un second arrêté, signé seulement vingt-quatre heures plus tard, élargit brusquement ce même dispositif jusqu’à 17h. Une incohérence administrative qui en dit long sur la stratégie russe — et sur la position inconfortable dans laquelle la préfecture s’est retrouvée.

Manifestation pro-Ukraine tenue à distance : quand une initiative locale ouvre un boulevard à Moscou
La préfecture assure que la manifestation pro-Ukraine n’a pas été interdite : elle a simplement été déplacée hors d’un périmètre restreint autour du cimetière. Le maire confirme avoir autorisé la mobilisation et refusé de fermer le site. Pourtant, ce 24 novembre, un simple déplacement diplomatique, né d’une initiative individuelle, a suffi à mettre en tension l’État, les élus et une partie de la population. Une scène locale qui, par contraste, pourrait parfaitement servir la narration russe.
Des labels comme horizon
L’oignon de Saint-Turjan n’est pas encore protégé par une appellation, mais l’association qui porte sa relance nourrit une ambition claire : obtenir à terme une Indication Géographique Protégée (IGP), comme ce fut le cas pour les Huîtres Marennes-Oléron, seules huîtres françaises à bénéficier d’un tel label depuis 2009.
L’exemple vaut aussi pour les moules de bouchot, premières à obtenir une AOP en 2011, preuve qu’un produit de la mer ou du littoral peut être reconnu au plus haut niveau.
Sur Oléron, les vins ne sont pas en reste : s’ils ne disposent pas d’une appellation propre à l’île, ils s’inscrivent dans des dénominations régionales comme le Cognac ou le Pineau des Charentes, et peuvent, dans certains cas, porter la mention IGP Charentais – Île d’Oléron. Autant de signes qui attestent de la diversité et de la valeur des productions locales.
Préserver et transmettre
L’oignon de Saint-Turjan, avec ses reflets rosés et son goût singulier, symbolise cette volonté de préserver un patrimoine agricole insulaire. Sa redécouverte témoigne aussi d’un mouvement plus large : celui de la réappropriation par les habitants de leur terroir, dans une époque où la pression touristique et foncière menace l’équilibre rural.
En associant la fête de l’oignon à la clôture des Journées agricoles, la CdC d’Oléron choisit une mise en scène claire : célébrer l’agriculture comme une richesse vivante, porteuse d’identité et d’avenir. L’événement se veut gratuit, convivial, mais surtout porteur d’un message : soutenir l’agriculture de proximité, c’est défendre l’âme même de l’île — et inscrire son nom, demain peut-être, aux côtés des grandes appellations qui font la fierté du territoire.
